Module · Le schéma optique · version « se voir » v0.6
L'appareil de Bouasse reconstruit en trois dimensions. L'image réelle du bouquet ne se forme dans le vase que si l'œil se trouve dans le cône des rayons : la place du sujet est une condition, non un point de vue. Cherchez-la en vous déplaçant. Ici, vous avez un corps : le miroir sphérique vous renvoie aussi votre propre image, petite et renversée.
En casque : joystick gauche pour marcher ; joystick droit pour pivoter, ou pour incliner le miroir plan en phase 3a ; gâchette pour changer de phase ; bouton de préhension pour ouvrir la caisse, ou pour confier le miroir à l'Autre en phase 3. Les annotations ne s'affichent pas encore dans le casque.
Phase 1 — le bouquet est caché dans la caisse, tête en bas, sous l'axe ; le vase est posé sur la caisse. Le miroir concave en forme l'image réelle, redressée, à l'endroit exact du vase.
« Un miroir sphérique peut produire, d'un objet placé au point de son centre de courbure, une image qui lui est symétrique. » « L'illusion, pour se produire, exige que l'œil soit situé à l'intérieur du cône. » — Lacan, « Remarque sur le rapport de Daniel Lagache », citant Bouasse (4e éd., 1947, p. 86-87).
Au Séminaire I : « Ceci, la boîte, veut dire votre propre corps. Et ici, le bouquet, instincts et désirs, ou les objets du désir qui se promènent. » Le miroir ? « Cela pourrait bien être le cortex. Pourquoi pas ? » — 24 février 1954, éd. ALI, p. 151.
L'inversion : « que le vase soit à l'intérieur de la boîte et que son image réelle vienne à entourer de son encolure le bouquet » (Remarque). Lacan la propose dès le Séminaire I : « Renversez les conditions de l'expérience » (p. 150).
De près : « quelque chose de bizarre, d'un peu brouillé. Mais plus vous serez loin […] plus l'illusion sera complète » (p. 149). La scène le reproduit.
Séminaires cités dans la transcription de l'Association lacanienne internationale, et non dans l'édition du Seuil établie par J.-A. Miller ; la Remarque, d'après la transcription de l'École lacanienne.
L'image réelle a une profondeur vraie : elle occupe un lieu de l'espace, avec parallaxe. C'est ce qu'aucune figure plane ne peut montrer, et la raison d'être du casque.
Approchez-vous : la zone se resserre. Le cône a son sommet à l'image, donc plus vous êtes près, plus la place est étroite — ±0,19 m à trois mètres, ±0,96 m à sept.
Phase 3 : l'œil, au bord du miroir concave, est hors du cône. L'image ne lui parvient que par le miroir plan, quand l'inclinaison place son symétrique — l'œil virtuel, visible sur la carte — dans le cône. La fenêtre utile fait une dizaine de degrés.
La hauteur et la distance sont liées : debout, on peut venir jusqu'à la table ; abaissé de trente centimètres, il faut reculer à quatre mètres pour retrouver l'image.
L'objet caché est l'image exacte de ce qu'on voit : au centre de courbure, le miroir renverse tout, de haut en bas, de gauche à droite et d'avant en arrière. Ouvrez la caisse pour le vérifier.
Votre image : le miroir sphérique renvoie aussi l'observateur. À 5 m, son image réelle se forme à 1,27 m du miroir, renversée et réduite au quart environ. On ne la voit qu'à travers l'ouverture du miroir, et elle suit chacun de vos gestes, inversée.
Mais le reflet de l'œil est toujours vu dans la direction du centre de courbure, là même où Bouasse et Lacan placent le vase : l'appareil en place, on ne croise jamais son propre regard. Écartez l'appareil pour vous voir en face.